mardi 23 mai 2017

La mythologie européenne médiévale

Aujourd'hui la fantasy est dominée par une mythologie anglo-saxonne théorisée par Tolkien même si depuis une vingtaine d'années de plus en plus d'auteurs sortent de ces schémas.
On ne compte plus les romans où l'on trouve des Elfes, des Nains, des Orcs, des Trolls, des Gobelins... Des créatures toutes issues des mythes nordiques ou celtiques. Mais où sont donc les êtres des mythes médiévaux ?
Les cynocéphales, les panotéens, les blemmyes, les sciapodes et autres êtres popularisés par le bestiaire médiéval n'ont pas eu la chances de leurs cousins nordiques ou celtiques. Pourtant vu la richesse de ce bestiaire utilisé aussi bien dans les chansons de geste, romans ou livres de merveilles du moyen âge que plus tard jusqu'au 17éme siècle on pourrait penser qu'il y a là un terreau pour les auteurs de fantasy et paradoxalement les auteurs de fantasy européens continentaux.

vendredi 19 mai 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Fabrice Pittet

1. Peux tu te présenter en quelques mots ?
Né dans un joli coin de la Suisse durant l’été 1977, j’ai empoché il y a quelques années mon diplôme universitaire de biologie. Après un passage dans le privé, je suis dorénavant enseignant en sciences naturelles et en maths dans des classes en fin de scolarité obligatoire. Côté famille, j’ai la chance d’avoir la meilleure des compagnes ainsi qu’un petit diablotin de 5 ans. Depuis toujours, je subis avec joie la passion dévorante de l’imaginaire. Une passion que je vis surtout à travers le cinéma et la littérature, et dans une moindre mesure à travers les jeux vidéo. Je suis également atteint de collectionnite aigue, ce qui m’oblige à rassembler statues et figurines de mes héros et monstres préférés… Tout un programme…

2. Comment es tu venu à l'écriture ?
Après des années de consommation, après des milliers de films, de jeux, de comics, de livres et de nouvelles, j’ai eu envie de créer. Je me suis essayé au dessin, mais je n’ai pas rencontré de satisfaction concluante dans cet exercice. Le papier, le crayon et ma désastreuse gestion des perspectives me limitaient. Beaucoup trop pour que je m’émancipe. Enfin, après quelques années d’approche où j’écrivais de petits trucs juste pour moi, je me suis lancé dans la rédaction d’une saga en 4 tomes. L’écriture me permettait de raconter mes histoires, celles qui prenaient vie dans ma tête, sans autre limite que ma faculté à agencer les mots sur le papier.
Il m’a fallu 8 ans pour mettre un point final à ce cycle de fantasy. J’y ai tout mis. Je me suis planté mille fois. J’ai déchiré des pages, recommencé, modifié des passages, encore et encore. Je me suis formé sur mon clavier, tout seul dans mon coin. Selon moi, il n’y a pas mieux pour obtenir quelque chose de plus ou moins concluant : écrire, écrire et écrire. Ah, et sans oublier un peu de lecture en parallèle. Ça aide !

3 - Tu as publié une novella de fantasy intitulé Par delà les Ondes chez Fantasy RCL. Peux tu nous la présenter ? Comment t’es venu l’idée de créer une espèce d’humanoïdes amphibie ?
Cette novella est un peu particulière puisqu’elle s’inscrit dans la continuité de mon cycle dont je parle plus haut, et qui met à l’honneur les Bélénides. Les bélénides ? Un peuple amphibie, capable d’évoluer sous l’eau pour y bâtir des cités ou y vivre plein d’aventures, capable aussi d’arpenter la terre ferme. Toutefois, certains d’entre eux sont déficients. Entendez par là qu’ils sont dénués de poumons et que, par voie de conséquence, ils n’ont plus la possibilité d’aller voir ce qui se passe au-delà de la surface de l’océan. C’est le cas du personnage principal de « Par-delà les Ondes ». Il souffre de son handicap à proprement parler mais également du regard des autres, spécialement ceux de son père et de la fille qu’il aime. Mais, alors que le destin s’acharne sur lui, alors qu’il encaisse les coups durs jour après jour, Elpheen ne reste pas inactif. Il compte bien chambouler l’ordre établi, briser l’échine de l’inéluctable. En secret, il travaille sur l’œuvre de sa vie, celle qui le mettra sur un même pied d’égalité avec ses congénères. Je voulais, dans la mesure du possible, me plonger dans la psyché d’un être diminué physiquement, dont la volonté lui permettra de tenir, sans jamais (ou presque) baisser les bras. C’est la deuxième histoire que j’ai publiée chez Fantasy Editions, et elle est parue en numérique et dans mon recueil papier intitulé les Chroniques Ecarlates, entre Chien et Loup.
Comment ai-je eu l’idée de développer une race amphibie ? Je crois que c’est avant tout car j’adore le monde aquatique. Il recèle des mystères insondables. Il est beau, coloré, parfois sombre et carrément ténébreux. Il est également est propice à l’imagination. En créant une race capable d’évoluer dans les deux milieux, j’ai ouvert l’horizon de mes histoires à tous les possibles. Enfin, les bélénides sont un peu mes elfes à moi, je crois…

4 - Tu as également publié une novella de dark fantasy chez le même éditeur, « gloire écarlate ». Peux tu nous la présenter ?
Cette histoire m’est chère, puisque c’est un peu grâce à elle que tout a commencé d’un point de vue éditorial. Il y a trois ans, j’ai tenté de répondre à un appel à textes athématique. Je me suis dit qu’une nouvelle serait une bonne chose, un genre de bouffée d’air frais, vu que je dépensais mon temps à travailler sur des romans. J’ai donc passé deux mois sur une histoire de quarante pages, où nous suivons les péripéties de Bastan, un jeune chasseur en quête d’idéal. Ses pas le conduiront à Radash, un royaume dont l’économie repose sur le mercenariat. C’est ici qu’il suivra une formation inhumaine aux côtés d’autres recrues, attendant le jour glorieux de leur premier combat. Malheureusement, la maison d’édition à laquelle cette histoire était destinée ne m’a jamais donné de réponse. A ma connaissance, elle n’en a donné à personne d’ailleurs, et je n’ai plus jamais entendu parler d’elle. Ainsi, je me suis orienté vers Fantasy Editions. Après quelques discussions et retouches, j’ai eu droit à une publication.
Quelques mois plus tard, j’ai décidé d’écrire un recueil de romans courts. J’avais déjà « la Gloire Ecarlates » en stock ainsi que « Par-delà les Ondes ». Mon idée était d’inscrire chacune de ces histoires dans le même univers, à savoir celui que j’avais développé pour ma grande saga de fantasy. Chacun des récits apporte son lot d’éléments, son lot de nouveautés en termes de personnages, de lieux, de créatures et de peuples. C’était pour moi l’occasion de retourner dans un monde inventé de A à Z par mes soins. De plus, cette cohésion entre mes différentes histoires me plaisait beaucoup. J’en ai profité pour renforcer les liens entre elles. Par conséquent, on peut donc rencontrer un personnage dans l’un des récits et le retrouver dans un autre, à une autre période de sa vie. Parfois, c’est une ville, un lieu ou un monstre qui revient… J’ai semé plusieurs de ces petits « easter eggs » dans chacune de mes histoires, et c’est au lecteur de les découvrir.
Les Chroniques Ecarlates, entre Chien et Loup, regroupe donc 6 textes différents sur plus de 400 pages, ce qui en fait plus des novellas que des nouvelles au sens propre (même si les limites entre les différents formats sont souvent floues, voire opaques suivant les éditeurs… et les lecteurs !). Outre « la Gloire Ecarlate » et « Par-delà les Ondes », on suit les aventures d’un guerrier en fuite, poursuivi par son passé, dans « Dans son Ombre ». On accompagne une troupe de brigands dans « les Corbeaux de Mereng » et un vieillard alcoolique en pleine rédemption dans « Vous Mourrez Tous ». Enfin, on vit cinq jours aux côtés d’une poignée de soldats rescapés, vestiges d’une armée massacrée, qui se regroupent dans le « Dernier Bastion ». Face à eux, des vagues successives d’ennemis tentent de les déloger de leur place forte de fortune. D’ailleurs, cet ultime roman court a été sélectionné et a remporté le Prix du Récit Fantasy 2017. Il sera présent dans un recueil aux côtés des cinq autres textes qui étaient en lice.

5. Quels sont tes autres projets littéraires ?
Pour le moment, je travaille sur un nouveau recueil de romans courts, toujours dans le même univers. J’ai trois ou quatre idées qui doivent encore germer dans les tréfonds de mon ordinateur mais j’aimerais terminer tout ça à la fin de l’année. En parallèle, je travaille sur différents appels à textes. L’une de mes nouvelles a d’ailleurs été acceptée chez Etherval, pour le prochain numéro de leur revue, sur le thème des parasites/symbiotes. Une équipe au top, et je recommande à tous ceux qui nous lisent de se jeter sur leurs recueils.
J’ai également semé quelques-unes de mes créations à gauche et à droite, et j’attends des retours à ce propos.
Après ça, je vais sans doute me replonger dans un roman que j’ai mis de côté ces derniers mois. J’ai beaucoup de travail sur celui-ci. Je vais aussi m’atteler à ma saga initiatrice. Lui trouver peut-être un éditeur, mais rien n’est certain.
J’ai donc de nombreux projets et j’aimerais que les journées s’allongent. Ça m’arrangerait !


vendredi 12 mai 2017

Le Cinquième Elément ou l'histoire d'un échec

Le Cinquième Elément de Luc Besson est une occasion manquée d'avoir fait rentrer la science fiction dans la pop culture française. Sur le papier la démarche de Besson ne diffère de celle d'un Lucas.
Le réalisateur américain s'était inspiré de Flash Gordon mais aussi des œuvres de Edmond Hamilton, Leigh Brackett, C.L Moore et à des auteurs de space opera populaire plus moderne. Il avait aussi incorporé des éléments pris aux comics et à l'illustration SF. Bref il avait fait la synthèse de la SF populaire de son temps pour donner une belle œuvre de science fantasy.
Besson ne s'y prend pas autrement mais quelque part il en a trop fait et n'a pu su faire la sélection dans les éléments à compiler. Si Lucas nous avait fait échapper à l'effet catalogue, on tombe en plein dedans chez Besson. Dans la même œuvre on a les anciens astronautes de Jimmy Guieu, les mégalopole surpeuplé de Max André Rayjean, le héros badass et généreux qui semble tout droit sorti d'une œuvre de Maurice Limat ou de Pierre Barbet, l'humour de Richard Bessière, le mysticisme de Gabriel Jan mais aussi un prêtre nommé Cornélius qui fait écho au Jerry Cornélius de Moorcock ou encore un mal qui nourrit le mal qui intervient cycliquement qui fait penser à la Plaie de Nathalie Henneberg. Bref c'est un peu l'indigestion référentielle. Et je parle même pas des clins d'œil à la BD.
Mais à coté de ça les idées spéculatives ou imaginaires propres à l'univers semblent être bien effacée. Les héros se perdent dans un quartier brumeux, et Besson nous case une ellipse. On va se balader sur une planète étrangère mais on en voit rien et l'on reste cloîtré dans un vaisseau pendant tout le film.
Bref c'est à la fois un plat trop copieux et sans saveur. Comme quoi les références seules ne font pas une œuvres.

mercredi 3 mai 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Elodie Serrano

1 - Peux tu te présenter en quelques mots ?
Elodie Serrano, 28 ans, lyonnaise d’adoption depuis quelques années après avoir grandi dans le sud-ouest. Future ex-vétérinaire et noctambule assumée. J’écris des nouvelles depuis mes 15 ans, même si je ne m’y suis mise sérieusement que depuis 3-4 ans. Des romans, aussi, selon les idées, avec tout de même un amour certain pour le space opéra. Comment résister à l’aventure ?

2 - Comment es tu venue à l’écriture ?
Difficile à dire, je n’ai pas de souvenir d’une époque où je n’aurais pas écrit. J’ai toujours adoré les rédactions à l’école et j’ai un cahier rempli de début d’épopées qui ont commencé à me titiller après ma découverte de la SFFF avec « Le seigneur des anneaux », à 12 ans. Puis, j’ai découvert le forum de Mille Saisons, les communautés d’auteurs en ligne et les fanzines. Je me suis dit que les nouvelles, de part leur format court, seraient un bon moyen de lutter contre mon incapacité à finir quoi que ce soit. Mon premier texte n’a pas été retenu, mais il garde une petite place dans mon cœur. Je me dis parfois qu’il faudrait que je ré-exploite l’idée, un jour. Bref, après, j’ai un peu lâché l’affaire avec la prépa et les études, avant de reprendre de façon intense grâce à une autre communauté, Cocyclis. Depuis, je m’accroche.

3 - Peux tu nous parler de ton roman « les baleines célestes » qui paraîtra en 2018 chez Plume Blanche ?
Il s’agit d’un space opéra, à base de baleines de l’espace, créatures légèrement destructrices, et de pauvres humains lancés à la poursuite de l’une d’entre elles. J’ai essayé d’instiller un certain « sens of wonder » dans cette histoire, tout en emportant mes lecteurs dans cet aventure avec légèreté. Et même quelques touches d’humour. J’espère que ce roman donnera le sourire.

4 - Tu es vétérinaire dans le civil. Est ce que tu aimes raconter des histoires avec des bestioles bizarres et biologiquement plausibles ?
C’est un espace complexe, le plausible, je trouve. Je cherche avant tout à me faire plaisir à imaginer des choses sympas. Après, oui, j’essaie de donner un atour cohérent au tout. Par exemple, dans « Les baleines célestes », j’ai effectivement passé beaucoup de temps à réfléchir aux points clefs du fonctionnement de l’animal : comment elle communique, mange, croît, se reproduit. Toutes fonctions essentielles du vivant. C’est d’ailleurs un peu frustrant, quand on réfléchit à tout et qu’on doit éliminer pleins de détails pour ne pas noyer le lecteur d’informations inutiles.
Après, mes connaissances sur le monde animal m’amènent surtout à être un peu casse-pied sur les espèces réelles, je pense. Comme le loup, sur lequel j’ai fait ma thèse.

5 - Peux tu nous présenter tes autres projets littéraires ?
J’ai préparé l’été dernier un recueil de nouvelles fantastiques qui devrait sortir en fin d’année chez Malpertuis. J’ai aussi quelques nouvelles individuelles à paraitre chez Brins d’Eternité, Gandahar et dans la prochaine édition de l’anthologie annuelle de Malpertuis.
Sinon, j’ai toujours plein de choses à différents stade de travail sur la planche. Un space op en cours de premier jet, un autre en corrections et un roman jeunesse sur les loups auquel je tiens beaucoup et qui s’apprête à tenter sa chance chez les éditeurs. Il faut bien rester occupé. 

dimanche 23 avril 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Sylvain Lamur

1- Peux tu te présenter en quelques mots ?
Bonjour, Sylvain Lamur, auteur toulousain de 37 ans. Je publie des nouvelles de fantastique et de SF depuis 2012, dans des anthologies, des revues, etc... et j'ai un premier roman qui est paru en mars dernier, chez Rivière Blanche.
2- Comment es tu venu à l’écriture ?
J'y suis venu très tôt ; d'abord pour jouer, tout simplement. Aujourd'hui encore je garde en ligne de mire cet aspect de plaisir pris à tordre la réalité dans tous les sens, à l'essorer et et la déformer autant que l'on veut. Chronologiquement, je dirais que j'ai commencé vers les 10 ans, avec des petites histoires de rien du tout, illisibles et jamais terminées ; et puis, c'est toujours resté là , comme une priorité à laquelle on ne cède pas parce qu'il faut bien que la vie se fasse, que l'assiette se remplisse. Jusqu'au jour où j'ai décidé de m'y mettre sérieusement : que ce soit écrire ou soumettre mes textes. J'avais trouvé un travail entre temps, que je pratique toujours. Ça aide, quand on veut prendre le temps de construire une vraie démarche - en tout cas, ça m'a aidé, moi, et je crois que j'aurais été incapable de le faire sans ça. Il y a aussi eu une maturation indispensable, je crois.
3 - Peux tu nous parler de Quaillou, ton premier roman paru chez Rivière Blanche ?
Il s'agit d'un Space Opera, un genre qui revient en force et que je suis assez fier de représenter, à mon humble niveau. Je l'ai écrit sans trop réfléchir, en essayant d'y mettre un rythme intense grâce à des chapitres très courts et en le bourrant de péripéties burlesques, invraisemblables ou plus dramatiques. On y trouve, en vrac, un drôle d'astéroïde, un séducteur à la manque, des trous cachés dans les replis de l'espace, des nymphes tentatrices ô combien dévouées et efficaces, une prison où on est heureux, une paire de robots au service d'une inspectrice de police chauve, un porte-monnaie inépuisable et le Sage du fin-fond de l'espace, qui connaît la réponse à TOUTES les questions. Ma perspective est d'arriver à construire des histoires où la narration ne nous prive pas de recul poétique ou de réflexions diverses sur l'ordre des choses, la psychologie des uns ou des autres, les priorités de l'univers... J'espère y être arrivé, mais ce sera au public de me le dire.
4 - Tu as écrit plusieurs novellas steampunk chez House Made of Dawn. Est ce que tu comptes revenir à ce genre ?
Absolument ! Je suis un gros gros fan de Powers, Blaylock et Jeter, qui ont inventé le genre et sont pour moi des auteurs source ; j'ai, depuis, pas mal lu dans le genre, avec de bonnes trouvailles (Pevel, Gibson/Sterling, Paul Di Filippo...) et d'autres déceptions (non, je ne citerai personne) ; j'ai aussi beaucoup découvert des productions effectives des genres de l'imaginaire au 19ème siècle, le Merveilleux scientifique que l'on redécouvre depuis quelques années. Un recueil de nouvelles, qui contiendra entre autre Une Horlogerie Complexe, déjà parue l'année dernière dans Etherval, et Ngurummpii, une petite nouvelle sur un petit aborigène confronté aux conséquences de l'installation des Blancs dans son pays au XIXème siècle et qui est présente dans le recueil Gentlemen Mécaniques, aux éditions de l'Instant, a été retenu pour publication et est  en attente... pour l'instant. Ensuite, les deux novellas publiées chez House Made of Dawn, Le Sens de la vie et De Monstrorum natura, ont été développées en un roman, dont l'une des ambitions est de rendre hommage à la littérature du 19ème. J'ai encore pas mal de travail dessus, et ensuite je me lancerai dans la recherche d'un éditeur. Il y aura encore d'autres projets, lointains ; l'un d'entre eux portera sur un personnage qui me fascine, un explorateur toulousain dont la mort reste non élucidée et entourée de nombreux mystères. Mais c'est encore lointain.
5- Quels sont tes principaux projets littéraires ?
Quaillou, qui marche assez bien, va connaître une suite, à paraître toujours chez Rivière Blanche en 2018 ; il y aura peut-être même une trilogie, au final, composée de trois histoires qui pourront se lire à la fois indépendamment et être reliées les unes aux autres. Ensuite, j'ai en préparation une autre anthologie pour les éditions Arkuiris, sur un thème un peu complexe, Tisseurs de mondes. J'aimerais en préparer d'autres, mais je verrai ce que celle-ci donne, déjà.

vendredi 21 avril 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Tiphaine Levillain

1- Peux tu te présenter en quelques mots ?
Je m’appelle Tiphaine et je vis actuellement en pleine campagne bretonne, dans une yourte, avec mon Lutin, mes chiens et mon chat. Depuis quelques mois, mon bureau se trouve dans une caravane : la vraie vie de bohème ! Cela reflète assez bien la vie que je mène, entre organisation de chasses au trésor, de jeu de rôle grandeur nature, de jeux de piste et la création de spectacles mettant en scène des créatures imaginaires… À l’aube de ma trentième année, on peut dire que j’ai assez bien réussi à réaliser mon rêve de petite fille : je vis dans des mondes imaginaires à longueur de temps !

2 - Comment es tu arrivé à l’écriture ?
J’ai toujours aimé les histoires. Petites, je lisais et relisais les recueils de contes et légendes qu’on avait à la maison. Puis j’ai voulu raconter la mienne, pour la première fois en sixième. Il s’agissait des aventures d’une petite fille en Brocéliande, qui rencontrait dragons, elfes, lutins, fées… Mon univers n’a pas vraiment changé depuis ! J’ai naturellement continué au fil des années, et puis un jour, j’ai voulu tenter le coup plus sérieusement et j’ai participé à mes premiers appels à textes, en 2013. Depuis, j’ai des phases d’écriture intense et des phases où rien ne sort de personnel (pour le travail c’est autre chose…), mais ça ne m’a jamais vraiment quitté en tout cas, ce besoin de raconter des choses aux autres.


3 - Tu viens du théâtre de rue. Est ce que tu connais d’autres auteurs de l’imaginaire qui sont originaire de ce milieu ? Penses tu que l’on soit susceptible d’y trouver un vivier d’auteurs comme le le jdr l’a été dans les années 90 ?
J’ai creusé dans ma mémoire, je crois en connaître un ou deux, mais finalement, je ne fréquente que trop peu ce milieu (ma compagnie fait de belles dates, mais très peu !). C’est sans doute possible d’y trouver plusieurs auteurs potentiels, mais du coup je n’ai pas de recul. Par contre, je peux témoigner que le monde du jeu de rôle et du grandeur nature est toujours aussi vivace et prolifique et qu’à mon avis, on peut toujours y trouver pas mal d’auteurs !

4 - Dans « éradication » et « déclaration de guerre » tu mêle SF et fantasy. Dans « Saint City » tu mélanges zombies et western. Qu’est ce qui t’attire dans le mélange des genres ?
C’est la liberté sans doute. Je n’aime pas les cases ! J’ai des nouvelles qui s’en tiennent à un genre, ça arrive aussi, mais si je dois partir ailleurs et mélanger deux ou trois genres, je ne m’embarrasse pas de questions, je le fais. Il est plus facile pour moi de mélanger SF et Fantasy, mais je m’étais bien amusée à faire mon zombie/western aussi ! Je n’aime pas les limites, je n’arrive pas à m’y tenir. Et puis j’aime l’idée que même dans dix siècles, la magie et les légendes côtoieront toujours la technologie… Alors pourquoi pas dans mes histoires aussi !

5 - Dans ta nouvelle « Lobre » tu semble très à l’aise avec l’histoire et la géographie de ton monde. Cette nouvelle s’inscrit - elle dans un ensemble plus vaste que tu vas décliner dans d’autres textes ?
Lobre était clairement un one-shot, je n’ai rien d’autres de prévu pour cet univers, encore que, ma foi, cette nouvelle pourrait prendre place dans un de mes univers Fantasy sur lequel je travaille de façon inégale depuis quelques années. Dans tous les cas, j’aime savoir ce que je raconte, j’ai besoin que les choses s’articulent de façon logique, ça m’aide à écrire. Du coup, en l’occurrence, j’avais besoin de savoir d’où venait mes deux fuyards, pourquoi, et où ils essayaient de se rendre. Sans ça, je n’aurais pas réussi à trouver un intérêt à l’histoire. Je travaille presque toujours comme ça quand je réfléchis à un nouveau projet. C’est même parfois sacrément contraignant…

6 - Peux tu nous présenter tes principaux projets littéraires ?
C’est assez chaotique ! Le principal projet n’est pas seulement littéraire, même s’il comprend une grosse part d’écriture : c’est l’organisation d’une grosse chronique de Grandeur nature sur 10 ans, dans un univers entièrement créé (et là, quand je dis que c’est contraignant que tout s’articule de façon logique… c’est un euphémisme). Ce projet est en partie littéraire, parce qu’il comprend l’écriture des histoires des quelques centaines de personnages, des peuples, des contes et légendes, mais aussi de nouvelles… Et bientôt, on annoncera officiellement qu’on rédigera un roman par an, racontant ce qui se passe dans cet univers, ailleurs. Par exemple, nous avons tout lancé en février 2016. Je m’attèle depuis peu à l’écriture d’un roman racontant ce qui s’est déroulé pendant l’année écoulée, ailleurs, en prenant en compte les actions des joueurs. On fera ça chaque année. Du coup, impossible de trop prévoir à l’avance, mais c’est un peu la beauté du projet !

Sinon, je me suis remise depuis peu à une aventure de Pavel Erkum (mon détective lutin), parce que je me suis rendue compte que les projets vraiment personnels manquaient à mon épanouissement. Je tiens énormément à ce projet de personnage récurent (donc une aventure a déjà été publiée dans un recueil de nouvelles !), et c’est d’ailleurs pour ça que je compte bien enchaîner sur une aventure western de mon exploratrice lutine, Kirkima Latross !

En dehors de ça… Chaque chose en son temps ! Je songe tout doucement à recommencer à participer aux appels à textes… On verra, l’année s’annonce déjà très chargée ! :)

dimanche 16 avril 2017

Les espoirs de l'imaginaire : Jean Christophe Gapdy

Jean Christophe Gapdy fut ma découverte de 2016. Découvrons un peu plus cet auteur.

1 - Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Jean Christophe Gapdy – un pseudo d’auteur, je précise – et je signe souvent JCG. Informaticien dans ma vie de à (non-auteur). Marié, dans cette même vie, et quelques garçons. Pas assez pour faire une équipe de volley – il en manque deux – mais suffisamment pour avoir occupé une vie et une maison.

2 - Comment es-tu arrivé à l’écriture ?

En tombant dedans, à force de lire. C’est devenu une passion après que mon père ait acheté une machine à boules IBM, quand j’étais ado. J’avais trouvé ça extraordinaire. Aussi, ai-je pris un de mes cahiers où je notais le début de tas d’histoires et j’ai commencé à taper. Un jour, j’ai laissé trainer quelques pages sur le bureau d’écolier de ma chambre ; mon frangin les a piquées et les a lues. Il est venu me demander la suite et ça a fait tilt. Depuis j’écris dès que je peux. Jusqu’à ces dernières années, c’était un « plaisir » personnel. Ce qui veut dire que je m’intéressais à l’histoire et aux personnages sans me préoccuper du style. En 2012, j’ai répondu à un concours de nouvelles en hommage à P.K.Dick. Il m’a donc fallu revoir mon écriture, suffisamment pour donner naissance à « Aliens, Vaisseau et Cie » en 2015.
Depuis que je suis publié, j’ai pu travailler ce style. Grâce à deux personnes qui m’ont montré mes défauts et tics. D’abord Frédéric Lebeuf Castle, avec qui je viens de coécrire un roman. Ensuite Bernard Viallet, auteur de plusieurs romans SF. Grâce à eux, j’ai commencé à adopter un style plus personnel, tout en restant dans le genre old-school que j’aime, mais que j’ai retravaillé pour le faire correspondre à notre époque, avec un vocabulaire plus moderne.

3 - Dans les nouvelles de SF que j’ai eu l’occasion de lire, on a l’impression que tu as créé une véritable histoire du futur. As-tu systématisé une timeline ?

Oui, tu parles de l’Univers de SysSol, qui est en référence de ma page Facebook. Il existe une timeline assez détaillée qui, pour l’instant, va de 2030 à 2235. Cet univers part de découvertes qui se sont révélées indispensables à son existence.
J’ai daté la première en juillet 2030 ; c’est le « craking SHM » qui permet de casser et réassembler certaines chaines moléculaires autour de l’hydrogène et de l’oxygène. Cette invention va permettre d’obtenir de l’oxygène et de l’eau avec peu d’énergie et des matières premières que l’on peut trouver dans tout le système solaire. Je précise que ce n’est pas de la transmutation ; on ne modifie pas les atomes.
La seconde est liée aux moteurs thermoplasmiques, eux aussi en 2030. Ils vont permettre de réduire la durée des voyages spatiaux ; rejoindre Mars, Vénus et autre se comptera en semaines et non en mois ou années.
Ces deux inventions ouvrent la conquête du Système Solaire. En 2032, le projet de colonisation « Mars-Life » devient une réalité ; deux ans plus tard, la première cité martienne sous dôme accueille des colons. On attendra 2051 pour que Vénus soit abordée avec des villes flottantes ; cette idée est partie d’un projet de la NASA :
http://www.dailymotion.com/video/x2d45dz_une-simulation-vers-venus_tv
Chaque nouvelle ou roman que j’écris dans l’univers de SysSol s’appuie sur cette timeline qui, de ce fait, se complète d’un texte à l’autre.


4- - Tu as écrit un roman en collaboration avec FL Castle. Écrire un roman à quatre mains ça se passe comment ? Comment met-on ses idées en commun et décide-t-on de ce que l’on garde et de ce que l’on abandonne ?

Ça se passe très bien. Nous sommes complices depuis deux ans avec une même idée de la SF populaire et des univers que l’on aime. Côté travail, on a débuté par le contexte, la situation politique, humaine, les avancées scientifiques, les conflits à l’époque du roman, c’est-à-dire 2103. A suivi le scénario avec sa timeline qui part de 2031, un vocabulaire léger, mais précis. Ensuite, ce sont les personnages, très détaillés, car nos protagonistes viennent de toute la Terre et ne sont pas liés à des stéréotypes homme-femme. Tout ça, ce sont des échanges, des discussions, des idées lancées, mais pas toujours retenues. Après seulement vient le travail d’écriture. On échange, relit, on annote, corrige, etc. jusqu’à se dire oui, c’est ça ! C’est presque réel, conforme aux personnages, aux événements. Comment jette-t-on ou garde-t-on ? En se demandant si c’est indispensable et si ça apporte quelque chose à l’histoire, à un personnage. Un rejet n’est pas une critique, c’est un constat d’inutilité. On se fiche de savoir qui a eu l’idée ; on se demande juste si elle est chouette pour l’histoire et le roman.

5- Ta démarche rappelle celle de Serge Lehman à la fin des années 90. Est-ce que c’est une référence pour toi ?

Ses premiers écrits m’ont sans doute influencé, mais PK Dick, Jeury, Vance, Asimov, Wul, et des dizaines d’autres aussi. J’apprécie les univers qui restent les nôtres, sans chercher des futurs trop lointains, sans l’exotisme de races extraterrestres. J’aime bien ST et SW, mais je trouve plus intéressant notre proche avenir, d’ici cinquante, cent ans. Le jour où nous serons capables d’atteindre une planète hors du système solaire n’est pas près d’arriver ; aussi, Mars, Vénus, Europe, Jupiter, la Terre, les humains, les androïdes forment-ils mon univers.
Le fait qu’il se soit déclaré polygraphe serait plus le point clef. Mélanger des thèmes me titille. J’ai des textes – non publiés – en ce sens ; on trouve dans mes tiroirs un policier, un thriller, des nouvelles fantastiques, et surtout un roman mêlant intimement SF et Fantasy, son défaut étant d’être en 6 tomes. Le mélange SF-policier, au-delà du technothriller, me passionne plus que tout. Je l’ai utilisé avec deux nouvelles « Buvez, éliminez » et « Surveillance ».

5- Peux-tu nous présenter tes principaux projets littéraires ?

Ils sont nombreux. Dans ceux achevés, il y a le roman SF « Les fleurs de Syrtis-Major – Les Mondes de Quirinus » coécrit avec Frédéric L. Castle. Deux autres sont en attente de réponses d’éditeur : un roman de SF syssolienne « La gueule des vers » et un recueil de nouvelles SF féminines « De sang et d’androïdes ».
Pour les projets en cours, il y a d’abord la suite de la « Gueule des Vers » dans lequel les nanotechnologies et les bioandroïdes ont la part belle, prévue pour septembre.
Le projet qui me tient le plus à cœur est lié à Gérulf, le héros de « Surveillance ». Il s’agit, là encore, de mon univers syssolien où je suis le plus à l’aise, déjà cadré avec la timeline dont nous parlions. Ce brave Gérulf méritait un roman. C’est en préparation et, là aussi, on vogue dans la pulp-fiction, dans le genre d’Amazing Stories, revue pour laquelle Asimov, Bradbury, et bien d’autres ont écrit. Prévision de finition de la version initiale d’ici fin juin, en espérant le faire valider en vue de son édition ; après ce sera relecture et correction.
Si Gérulf est bien accueilli et se trouve édité, il vivra vraisemblablement d’autres aventures. Il fait partie des héros et héroïnes auxquels j’attache une importance toute particulière.
Les « Mondes de Quirinus » auront, eux aussi, une suite dont nous avons commencé le scénario avec Frédéric. Enfin, je dois faire éclore « BY » dont le brouillon des premières pages est sur mon blog, tout en finalisant mon recueil de nouvelles fantastiques.
De quoi m’occuper pour les mois à venir. J’avais terminé 2016 avec un million et demi de signes écrits en 18 nouvelles et un roman. L’année 2017 est partie pour les dépasser.